PEUPLE BÉNINOIS, PARCE QUE LES PEUPLES QUI GAGNENT SONT CEUX QUI OSENT ; OSONS OSER EN ÉTANT PLUS ATTENTIFS A LA GESTION DE NOTRE PAYS EN ÉTANT PLUS EXIGEANT AUSSI. ET SI NOUS OSONS, QUE 2017 NOUS SOIT POSITIVE A TOUT POINT DE VUE. NOTRE BÉNIN MÉRITE UN GRAND DESTIN ET NOUS, UN GRAND AVENIR. *********** POUR VOTRE SANTÉ , ÉVITEZ DE MANGER TROP GRAS, TROP SUCRE ET TROP SALE, MANGEZ AU MOINS 5 FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR, PRATIQUEZ UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE RÉGULIÈRE, ÉVITEZ DE GRIGNOTER ENTRE LES REPAS...........

LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR BONI YAYI, PRESIDENTDE LA REPUBLIQUE

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LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR BONI YAYI, PRESIDENTDE LA REPUBLIQUE

Message par guy le Jeu 6 Aoû 2009 - 15:05



Le minitre Gbégnonvi vient de prendre ses distances avec le Chef de l’Etat le Dr Boni Yayi. C’est à travers une lettre ouverte adressée au présiden de la République.

LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR BONI YAYI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Excellence Monsieur le Président de la République

‘‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir’’ (Matthieu, 3/17). Une transposition qui induit, malheureusement, le mélange des genres et comme une banalisation des textes sacrés, me permet néanmoins d’affirmer que l’onction reçue par Jésus-Christ à son baptême et lors de la Transfiguration sur le Mont Thabor (id., 17/5) ressemble - mutatis mutandis donc - à celle que le peuple béninois vous a conférée en mars-avril 2006. Les 34% du premier tour ont conduit presque naturellement au 75% du second tour. Les ethnies réunies et les partis réunis vous ont désigné comme l’homme de la situation, le ‘‘Fils bien-aimé’’ devant prendre la tête de notre marche vers la terre promise de l’homme nouveau, où nous avons décidé nous-mêmes d’aller. Et si j’en crois des sondages d’opinion, qui ont circulé sous le manteau, nous étions, trois mois après votre prestation de serment, plus de 80% de la population à voter pour vous dès le premier tour. Unanime Dimanche des Rameaux, enthousiasme et ferveur populaires pour vous consacrer en votre mission. Car une onction, c’est toujours pour une mission. Et la vôtre était de conduire le Bénin vers l’unité et vers l’éradication de l’impunité afin que cesse la corruption endémique et qu’adviennent la nation et la moralisation de la vie publique. Et le peuple, conscient de la difficulté de la double mission, s’était mis spontanément à votre disposition pour vous aider.

Je me rappelle le témoignage de ce jeune homme, spécialiste, comme beaucoup d’autres, des petites ‘‘affaires’’ avec le Nigeria voisin. Nous sommes au CIC, à une conférence sur le thème de la lutte contre la corruption. A l’heure des questions, le jeune homme confie au public une étrange difficulté devenue la sienne. Depuis le 6 avril 2006, il n’arrive plus à rien faire passer en fraude. Les douaniers, ses complices d’hier, sont devenus méfiants et lui imposent de payer normalement toutes les taxes au motif que ‘‘c’est le changement’’ et qu’ils ne veulent pas d’histoire. Et le jeune homme de conclure, à la surprise générale : ‘‘C’est très dur pour moi, mais c’est très bien pour le pays. Je soutiens le changement’’. Il a été longuement ovationné par la salle.

Je me rappelle le témoignage de ce jeune médecin, habitué à faire en taxi le trajet Cotonou-Dassa-Cotonou. Il s’étonne du relèvement sensible et inopiné du tarif. Le chauffeur de circonstance lui explique calmement qu’à cause du changement, leur syndicat a interdit toute surcharge mais les a autorisés à récupérer honnêtement le manque à gagner en augmentant légèrement les tarifs. Dont acte. Honnêtement…à cause du changement.

Les deux témoignages tiennent à l’intérieur du laps de temps des six premiers mois de votre avènement à la Présidence de la République. Enthousiasme et ferveur populaires. Le peuple béninois était au rendez-vous du changement voulu par lui-même et qu’il venait de vous charger de conduire à bon port. Aujourd’hui, il y a fort à parier que le jeune homme a repris ses combines avec les douaniers revenus à la norme du vieil homme, et que le taximan sur le trajet Cotonou-Dassa-Cotonou a renoncé à l’onéreuse honnêteté de la non surcharge. Et tous disent, chacun à sa manière : ‘‘Bof ! C’était du bluff, son changement. Comme toujours !’’ Oui, Monsieur le Président, partout aujourd’hui, au Bénin, on fait l’état des lieux de l’échec du changement, et l’on vous rend responsable de cet échec, sur le front de l’unité nationale comme sur le front de la lutte contre la corruption qui passe par l’impunité zéro.

Sur le front de l’unité nationale, je ne sache pas que vous ayez blâmé officiellement votre ministre qui est allé tenir à Dassa des propos qui font gravement entorse à notre marche vers l’unité. Quelle idée, en effet, de faire de la cité mariale la chasse-gardée électorale d’un seul Béninois, vous, en l’occurrence ! Je ne sache pas non plus que vous vous soyez démarqué officiellement de ce député, qui vous soutient, et qui a parcouru triomphalement pendant des jours une partie du pays en y tenant de graves propos à l’encontre de l’unité nationale. Quelle idée, en effet, d’opposer entre elles deux régions du pays en allant insinuer chez l’une que l’autre a suscité la candidature du Béninois Untel pour torpiller une autre candidature, la vôtre en l’occurrence ! A mon humble avis, vous avez obligation de désavouer officiellement votre ministre, parce que l’article 41 de la Constitution fait de vous l’incarnation de l’unité nationale, obligation également de vous démarquer officiellement du député divisionniste, parce que l’article 80 de la Constitution fait de lui ‘‘le représentant de la Nation toute entière’’. Infidélité à vos promesses ? Voire. Mais de grâce, pas d’infidélité à la Constitution !

Il me semble également qu’en portant de 12 à 29 le nombre de départements pour faire plaisir à des mécontents, vous attisez le régionalisme au lieu d’aider à son atténuation pour nous conduire lentement mais sûrement à son extinction en vue de l’avènement de la nation. Vous voyez d’ailleurs que les populations vous prennent au mot et que chaque commune ou municipalité se sent désormais une vocation à devenir chef-lieu de département, quitte à vider de son sens la notion de département, qui est une notion foncièrement unificatrice.

En quarante-neuf ans d’indépendance, et parce que j’étais jeune adolescent le 1er août 1960, j’ai tout vu et tout vécu, si j’ose dire, au moins par personnes interposées, de l’histoire politique post-coloniale de notre pays, notamment en matière de menaces sur l’unité nationale. Nous avons traversé moult tempêtes en faisant toujours très attention à ce que le navire, à bord duquel nous sommes tous embarqués, sorte indemne des eaux. Il a fallu votre avènement à la Présidence de la République pour que de nombreux Béninois se mettent à craindre la guerre civile pour 2011, voire à l’envisager ouvertement comme thérapie de choc pour sortir de la situation politique installée par vous depuis trois ans, situation politique jugée insupportablement délétère.

Et pour alimenter cette angoisse, une rumeur insupportable court depuis quelque temps déjà : à deux reprises au moins, dans des cercles très fermés, vous auriez dit en substance que si les gens [de telle région du Bénin] veulent la guerre, ils l’auront, mais que vous ne serez pas le premier à mourir. Les mauvaises langues vous auront-elles prêté ces propos inadmissibles de la part d’un Chef d’Etat ? Pourquoi n’ont-elles jamais rien prêté de tel à aucun de vos prédécesseurs ? ‘‘On ne prête qu’aux riches’’, et vous avez dû vous montrer apte à ce prêt.

Sur le front de la lutte contre la corruption, et malgré la célèbre ‘‘marche verte’’ du début flamboyant (mais trompeur) de votre présidence, j’ai beau scruter l’horizon, je ne vois rien venir. Et n’est-ce pas précisément parce qu’ils ne voyaient rien venir sur le front de la lutte contre la corruption, contrairement à leur attente et à vos promesses, que les acteurs des deux témoignages cités plus haut ont baissé les bras et ont recommencé à mettre la main à la triste besogne dont ils voulaient bien se corriger ? Hélas, celui qui devait donner le signal du départ est resté silencieux. Vous êtes resté ambigu et comme consentant.

Pour m’assurer que nous ne nous étions quand même pas trompés, au moins sur la forme, j’ai repris et relu votre ‘‘Agenda pour un Bénin nouveau’’, le programme politique du candidat Boni Yayi, programme qui nous a soulevés d’enthousiasme et de ferveur, programme auquel nous avons adhéré en 2006 dans un élan d’espérance rare dans notre histoire post-coloniale. Au chapitre ‘‘Gouvernance’’ notamment, vous avez dit tout ce que nous voulions entendre et voir mettre en pratique : ‘‘Je veux constituer autour de moi, pour diriger les affaires publiques, une équipe d’hommes et de femmes de grande qualité, réputés pour leur patriotisme et leur compétence, enclins à la vertu, responsables et intègres et aptes à servir le pays avec humilité et abnégation.’’ (p. 19) Je voudrais vous rappeler que tout ce passage, comme certains autres, a été rédigé en caractères gras pour retenir l’attention comme faisant partie des traits essentiels de votre action politique à venir. Or le moins que l’on puisse dire est qu’il y a loin de la coupe à la lèvre, que les gens vertueux n’ont jamais brillé par leur nombre dans les rangs de vos collaborateurs et que, plus le temps passe, moins il y en a autour de vous. Le Bénin manquerait-il à ce point ‘‘d’hommes et de femmes de grande qualité…, enclins à la vertu…’’ ? Je pense que non. C’est plutôt vous qui donnez le sentiment de préférer travailler avec les gens qui ont les mains sales ou qui se les salissent sans scrupule.

Et je fais partie de ceux qui tiennent pour un affront à notre volonté de lutte contre la corruption le fait que la grande coalition FCBE, qui vous soutient, comprenne des parlementaires qui pourraient avoir des comptes à rendre à la justice de notre pays pour leur gestion à la tête de telle de ses sociétés d’Etat. Il ne dépend pas de vous qu’ils soient parlementaires et couverts par l’immunité, mais il dépend de vous qu’ils soient membres de la mouvance présidentielle et vous soutiennent. Et comment pourriez-vous lutter contre l’impunité quand vous êtes porté par de possibles justiciables qui, en plus de l’immunité parlementaire, profitent de votre protection personnelle pour ne jamais être mis en examen ? Je suis, je le répète, de ceux qui ne s’y retrouvent pas : nous voulons l’impunité, or sous nos yeux et sous votre règne l’impunité prospère.

Et comment l’impunité ne prospérerait-elle pas sous votre règne ? Dans votre ‘‘Agenda pour un Bénin nouveau’’, vous avez promis qu’à effet de la lutte contre la corruption, ‘‘sera proposée une loi sur l’enrichissement illicite, rendant imprescriptibles les crimes économiques’’ (p. 21). Je ne sache pas que cette loi ait jamais été proposée et que vous et vos soutiens au parlement ayez œuvré pour qu’elle soit adoptée. C’est, du reste, cohérent, cette infidélité à la parole donnée, cohérent compte tenu de ce qui précède, compte tenu du fait que vous vous laissez porter par des gens qui ont peut-être des crimes économiques à se reprocher. Sans une telle loi, vous le savez pourtant, la corruption et l’impunité ont de beaux jours devant elles pour le plus grand malheur de notre pays.

Excellence Monsieur le Président de la République, c’est un homme profondément déçu qui s’ouvre amicalement à vous en prenant, pour vous parler, quelques exemples sur les deux seuls fronts de l’unité nationale et de la lutte contre la corruption. Je suis profondément déçu parce que je vous ai ardemment soutenu. Aujourd’hui, au fond de l’amertume avec beaucoup d’autres, je me dis souvent ‘‘ce n’est pas vrai, il ne peut pas nous faire ça !’’, et je suis infiniment peiné de devoir me convaincre, tant les faits sont établis, que vous nous avez trompés. Le ‘‘ça va changer’’, auquel nous avons cru et adhéré parce que nous le voulions de tout notre vouloir, n’aura jamais été que slogan et vaine promesse électorale. Aujourd’hui sous votre règne, au mois d’août 2009, aujourd’hui plus qu’hier, le peuple béninois est en crise et en recul par rapport à son désir d’unité et par rapport à sa volonté d’en finir avec l’impunité qui fait le lit de la corruption, génératrice des maux que vous savez. Votre valse hésitation entre remaniement ministériel raté, un peu de limogeage ici, une touche de permutation là-bas et une pincée de suspension plus loin, constitue un aveu d’échec et d’impuissance. Il n’y a pas de vision, nous ne savons pas où vous nous menez. Le changement, sous votre égide, a échoué. Nous devons recommencer à zéro. Etes-vous capable de reprendre la main, capable de redevenir l’homme de la situation ? Vous seul pouvez répondre à la question.

Pour ce qui nous concerne, ‘‘le messie viendra le lendemain de sa venue.’’, c’est-à-dire que nous n’avons pas le droit de renoncer à l’espoir, espoir tenace, actif et proactif, exigé par l’urgence de la tâche de redressement de notre pays. Et nous voici donc toujours déjà en quête du Béninois ou de la Béninoise qui, au sommet de l’Etat béninois, cultivera, pour l’exemple et pour la bonne gouvernance, la ‘‘vertu politique’’, selon Montesquieu, vertu politique du respect des textes et du respect des promesses. Notre quête, je le sais, sera couronnée de succès.

Respectueusement et patriotiquement vôtre,

Roger Gbégnonvi

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