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Lettre ouverte d'un béninois de la diaspora à Boni YAYI, Président de la République du BENIN

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Lettre ouverte d'un béninois de la diaspora à Boni YAYI, Président de la République du BENIN

Message par Admin le Lun 22 Nov 2010 - 10:18


Lettre ouverte d'un béninois de la diaspora à Boni YAYI, Président de la République du BENIN



Livry Gargan, le 20 Novembre 2010

Par DAGBETIN Gualbert Armand

Monsieur le Président de la République du Bénin,


Permettez-moi de m’adresser directement à vous à travers ces quelques lignes, après mes réflexions personnelles sur votre manière de diriger notre cher Pays le Bénin. Je suis un béninois vivant à l’étranger depuis quelques années. C’était un choix personnel, sans aucune contrainte économique, politique ni sociale. Cette situation me permet aujourd’hui d’avoir un regard extérieur sans parti pris sur les événements politiques, économiques et sociaux de mon cher pays le Bénin.

Monsieur le Président, vous avez été certainement l’un des témoins de l’histoire de notre pays. Je vous cite comme témoin, pas, parce que vous avez joué un rôle remarquable comme certaines personnes, mais parce que simplement vous avez vécu les périodes d’après les indépendances, les périodes révolutionnaires, suivies de celles démocratiques que notre pays a commencées en 1990. Et vous savez comme toutes personnes averties, les contraintes qui nous ont amené à la conférence des forces vives de 1990, qui a finalement opté pour la Démocratie.

A la faveur de cette même Démocratie, vous vous êtes fait élire en Avril 2006 Président de la République. Tout le peuple béninois croyait à un soulagement, on dirait même que votre élection était perçue comme une deuxième conférence nationale pour notre pays. C’était une renaissance d’espoir. Vous n’aviez donc pas droit à l’erreur, ni à l’échec. Vous disposez des atouts incontestables pour le savoir.

Docteur en économie, Directeur d’une grande institution financière à dimension africaine, ancien conseiller et membre de la cellule macroéconomique du Président Soglo qui est quand même une référence sur le plan international, ancien fonctionnaire de la BCEAO etc.…

Mais, il me semble, que ce que je considère comme atouts ne sont que des éléments qui concourent aujourd’hui à la dégradation de notre situation politique, économique et sociale.
Monsieur Le Président, les économistes sont actuellement en train de se battre pour recalculer le temps hebdomadaire du travail. Je me permets de vous informer, que la tendance est de travailler plus aujourd’hui dans les pays de vieille démocratie et de grande économie. Les économistes, les politiciens, les sociologues, bref, les scientifiques du monde entier sont en train de débattre des problèmes auxquels leurs pays respectifs seront confrontés dans 50 voir 100 ans. Ils sont en train d’envisager des hypothèses de solutions possibles pour l’avenir.

Monsieur Le Président, déclarer le jour de la fête de l’Aïd El Kébir férié, chômé et payé peut se comprendre, mais chômer et payer le lendemain sur toute l’étendue du territoire et ceci à la grande surprise de tout le monde comme ce fût le cas le 01 Août dernier lors de la fête nationale, relève à mon sens d’une erreur d’appréciation des nouvelles donnes économiques pour le développement d’un pays aussi pauvre que le Bénin. Les opérateurs économiques étrangers, les bailleurs de fonds et les institutions financières ne seront pas encouragés à investir et financer des projets dans des pays qui passent tout leur temps à danser et à festoyer. Monsieur le Président, nous continuons toujours à tendre la main aux bailleurs de fonds pour accomplir des actes de souveraineté nationale. Notre mendicité est reconnue et fragilise chaque fois nos prises de position dans les instances internationales. Mais, nous nous encourageons à la paress e et à la fainéantise. Vous nous faites aimer les fêtes et les réjouissances populaires, les meetings de remerciements en lieu et place d’une assiduité et d’une rigueur au travail.

Monsieur le Président, vous faites de chaque occasion une fête, une réjouissance, des folklores, etc. De la visite des sinistrés à l’inauguration d’une piste de desserte rurale, rien n’échappe aux grands folklores. Les grandes nations ne se sont pas développées en chantant et en dansant. Jean de la Fontaine, avec ses fables du 17e siècle depuis Château-Thierry, reste toujours de notre époque. Elles se sont développées en travaillant, en révolutionnant et en créant de la richesse. Je pense que cela s’enseigne et s’enseigne surtout en économie.

Monsieur le Président, votre dernier passage à Paris pour mettre l’ORTB sur satellite m’a donné une idée de ce que nous sommes devenus réellement au Bénin.

Revoyez le film secret des événements et vous vous rendrez compte que ce ne serait pas devant tout le monde que les techniciens allaient presque vous déshabiller pour vous mettre le fil du micro dans le pantalon. Aucun protocole de chef d’Etat digne de ce nom ne peut l’accepter.

Revoyez le film et vous comprendrez, que tout le monde passait devant vous pour aller au micro et seul le représentant d’INTELSAT, un européen, par respect à votre autorité est passé derrière vous.

Revoyez le film des événements et vous constaterez que certains européens se moquaient de vos Ministres, quand ceux-ci voulaient vous débarrasser de la table basse qui vous gênait, sans savoir que tous les meubles de la salle étaient en kits détachables. Ils se sont transformés en manutentionnaires maladroits qui fait sourire les techniciens de France 24.

Revoyez le film et vous verrez que vous donniez l’impression de lire malgré vous.

Revoyez le film et vous apercevriez que votre Ministre de la communication s’est mis à disputer le micro avec le Directeur de l’ORTB et les deux pauvres journalistes pour ne pas passer l’antenne à Cotonou alors que la cérémonie est finie. C’est de l’improvisation même au sommet de l’Etat.

Monsieur le Président, je ne dirai pas tout dans ma lettre. Demandez à revoir tous les films de la cérémonie et vous saurez beaucoup de choses sur vous et sur la façon dont notre pays est géré.

Si à chacun de vos déplacements l’organisation est comme celle que j’ai vécue à Paris ce jour-là, alors je vois l’image que vous laissez de mon cher et beau Pays le Bénin à l’étranger.

Pour revenir encore à la cérémonie de mise sur satellites de l’ORTB, franchement Monsieur le Président, avez-vous besoin de venir à Paris avec tous vos collaborateurs assoiffés de voyager pour un événement qui, sur le plan des nouvelles technologies, n’a rien de nouveau. Je dirai même qu’il est dépassé. Dépassé car, les télévisions du monde entier sont vues à l’heure actuelle via ADSL en Europe et dans les pays développés. Les fournisseurs d’accès internet (FAI) sont entrain d’investir dans la fibre optique pour augmenter le débit ADSL afin de promouvoir le « tout en un ». Ce qui est moins onéreux et offre beaucoup de services liés aux NTIC. Les antennes d’INTELSAT dont vous faites la publicité pour capter l’ORTB en bande KU, sont entrain d’être déconseillées en France et dans les pays qui respectent l’environnement, car ne présentent pas une bonne image des villes et communes. Les politiques des villes et communes en France aujourd’hui sont plus orientées vers un environnement moins chargé. Le choix de Paris et du Palais des congrès pour un événement aussi insignifiant que dépassé, par l’un des pays les plus pauvres du monde est trop couteux et relève à mon sens de la fanfaronnade. Evidemment, j’ai l’impression que c’est ce que nous aimons. Nous aimons gaspiller des ressources que nous n’avons d’ailleurs pas. Nous nous endettons sur des générations sans aucune politique d’avenir. Nous créons les affaires au quotidien et nous les gérons au quotidien.

Nous avions créé l’affaire ICC services, nous avions créé l’affaire CEN/SAD, nous avions créé l’affaire des machines agricoles, nous avions créé la LEPI, nous avions créé l’affaire Dangnivo ajouté à l’inondation qui est un abonnement annuel au Bénin, et beaucoup d’autres affaires qui constituent un bon programme de Gouvernement. Nous les gérons au quotidien sans aucune démarche scientifique et objective. Nous n’aurons plus le temps d’innover, de proposer un développement de notre pays sur 10, 20, 30, 50 ans. C’est de cette manière que nous gérons l’Afrique et nos partenaires aux développements le savent.

Monsieur le Président, ce n’est pas un mémorandum car, je ne suis mêlé ni de près ni de loin à ICC service, ni à la CEN/SAD, ni aux Affaires de Machines agricoles, ni à l’affaire Dangnivo etc. Je ne suis pas non plus, ni un opposant à votre régime, ni un de ses thuriféraires. Je suis juste un citoyen béninois soucieux du devenir de son pays, car le pays est à nous tous. Je ne fais qu’user de mon droit de critiquer, et de ma liberté de parler. Ce sont les attributs de notre Démocratie que personne ne peut me dénier.


Gualbert Armand DAGBETIN
Un Béninois de France.




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