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Tribune libre:Une certaine presse française ou le mépris au service de la recolonisation

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Tribune libre:Une certaine presse française ou le mépris au service de la recolonisation

Message par Admin le Jeu 28 Jan 2016 - 10:51

Tribune libre: Une certaine presse française ou le mépris au service de la recolonisation




Réjouissons-nous ! L’Afrique intéresse le monde, et anime de nouveau la France, qui, passé le temps des entreprises coloniales et des rivalités postcoloniales, ne voyait plus dans notre continent qu’une terre perdue pour le développement et… une réserve de matières premières. Ce regain d’intérêts attise de nouvelles convoitises et remet au goût du jour des méthodes que l’on espérait pourtant rangées dans le vieux magasin des accessoires de l’ère coloniale.



Ainsi revient-il au souvenir heureux de quelques média français qu’une partie de notre continent est francophone. Les voilà donc lancés, à l’instar du journal "Le Monde", à la conquête de nouveaux débouchés par le recyclage de méthodes dépassées... Pour quelle(s) différence(s) ? Visiblement plus fascinés par eux-mêmes qu’intéressés par nos sociétés, les journalistes se font procureurs, s’érigent en civilisateurs du XXIe siècle, abusent de mots comme autant d’armes destinées à afficher leur mépris.


Le Monde, qui se prétend journal de référence, se complaît à réduire le Gabon à « l’épicentre d’une Françafrique » dont on comprend, à la lecture des articles, qu’elle n’est que le miroir d’un narcissisme parisien, une manière de se voir encore comme le phare du monde, jusque dans la détestation.
Une série de scandales politiques sur fond de post-colonialisme ont attiré l’attention du citoyen gabonais éclairé que je suis :


Le lundi 3 août 2015, Maixent Accrombessi, directeur de Cabinet de Ali Bongo, fut gardé à vue au terme d’un déplacement à Paris dans le cadre d’une délégation où il représentait le chef de l’Etat. Quelques mois plus tôt, le ministre des Affaires Étrangères du Maroc et le Ministre de la Communication de l’Algérie ont fait l’objet d’une fouille à leur arrivée en France à l’aéroport de Roissy. En outre, sept policiers français ont violé le périmètre de l’Ambassade du Maroc pour notifier au chef des Services secrets marocains présent à Paris, une convocation provenant d’un juge d’instruction, provoquant la décision du roi Mohammed VI de suspendre, pendant plusieurs mois, toute coopération judiciaire…

Imagine-t-on une seconde qu’un tel traitement soit infligé à un proche collaborateur de la chancelière allemande… Ou, même, pour en rester aux « pays du Sud », à un émissaire du Président égyptien ou de l’émir du Qatar ? A juste titre, à la différence de ce qui s’est produit le 3 août dernier, la presse française s’indignerait de la manière dont les autorités judiciaires françaises traitent des représentants d’autres États, sans respecter les formes les plus élémentaires de la diplomatie, s’arrogeant le droit de mépriser les règles de courtoisie, s’inquiétant des retombées politiques, car, au-delà d’une personne, c’est un pays et un peuple qui sont méprisés. Mais nul besoin de poursuivre cette fiction car un tel événement ne se produira pas…


Des reproches au Béninois Accrombessi


Voici les faits reprochés à Accrombessi : un Noir qui aime fréquenter les « grands restaurants » du VIIIe arrondissement… C’est ainsi que commence l’article. Un tel raffinement ne saurait être que mimétique et suspect. Puis vient le portrait de « l’homme d’affaires ambitieux » qu’il serait, avec en filigrane le soupçon d’enrichissement illicite, car, à la différence d’un émir ou d’un oligarque russe, il n’est évidemment pas acceptable qu’un Noir venu d’Afrique puisse détenir des biens immobiliers en France. Le portrait se nourrit même de cette xénophobie endémique qui, trop souvent, hélas, divise les gabonais entre eux et dont jouent les puissances extérieures, quand ces origines béninoises sont rappelées.

Le manque de professionnalisme patent de ces journalistes, n’a d’égal que leur ignorance des affaires africaines, servie à un public si peu exigeant quant à la qualité de la prestation, que l’on ne peut que constater que le crime d’inculture qui a prévalu à l’époque coloniale pour justifier les atrocités à nous infligées perdure, et a été consommé.


En fait, l’élite politique française ne réserve ce traitement qu’aux représentants et dignitaires d’une certaine catégorie d’Etats, ceux qui furent jadis des colonies, et ce avec l’approbation farouche de la presse et sans éveiller la moindre protestation des responsables politiques. Qu’une partie des autorités judiciaires ou policières françaises s’affranchisse sans vergogne du respect des usages diplomatiques vis-à-vis de représentants des États qui ont pour point commun de s’être émancipés de sa tutelle est un déni de souveraineté qui trahit la persistance d’un sentiment de supériorité coloniale. Aussi, est-ce par sa protestation officielle et publique lors de son dernier déplacement à Paris, le 14 septembre 2015, dénonçant une volonté d’humilier le Gabon à travers la garde à vue cavalière et illégale de son directeur de cabinet, que le Président Ali Bongo a voulu alerter l’ensemble des citoyens français de ce qui se fait en son nom.


La validation de ces agissements par la presse française, le manque de considération à notre égard, ne saurait être que simple négligence. L’article publié dans Le Monde du 15 septembre 2015, sous le titre « l’encombrant bras droit d’Ali Bongo » témoigne de l’abaissement inquiétant de l’exigence journalistique pour un pays qui compte et qui prétend encore compter dans le nouveau monde global et atteste de la persistance d’une mentalité colonialiste.


Disons-le franchement pour commencer : il est tristement révélateur et symptomatique que le seul article que Le Monde ait jugé utile de consacrer à la visite du chef de l’Etat du Gabon concernât la personne de Maixent Accrombessi, comme si, s’agissant du Gabon, et de ses relations avec la France, rien n’était vraiment digne d’intérêt. Du Gabon, les lecteurs du journal Le Monde n’apprendront rien des défis partagés et des enjeux communs qui aujourd’hui lient et façonnent les deux pays, lesquels ne sont pas seulement d’ordre économique, mais aussi fraternel, spirituel et moral, comme l’a symbolisé la présence d’Ali Bongo à la marche républicaine du 11 janvier 2015 ou comme l’attestent les convergences de vue et d’ambition dans le cadre primordial des négociations internationales sur le Climat et de la préparation de la Cop21 que la France a accueillie en décembre. Mais de tout cela, bien sûr, il n’est nullement question dans l’article du Le Monde, ni même à côté.


En revanche, au gré des approximations qui émaillent sciemment l’article consacré à « l’encombrant » collaborateur qu’il serait pour le Chef de l’Etat gabonais, ce qui est suggéré implicitement, c’est que le Gabon n’est pas un véritable Etat, qu’il n’y a ni constitution, ni institution, ni presse, mais qu’y prévaudrait une forme de pouvoir archaïque, clanique et occulte qui ne se rencontre guère qu’en Afrique, associant, comme le martelait l’imaginaire colonial du XIXe siècle, des bandits et des sauvages… Car imagine-t-on, pour un autre pays, description plus obscure de la fonction de Directeur de cabinet d’un Président de la République, par des formules à dessein troublantes et subjectives : « l’homme auquel on prête tous les pouvoirs » ? Qui est ce « on » ? Et quels sont donc ces pouvoirs ? « Intermédiaire économique » : comment ne pas entendre sous ce mot d’intermédiaire toute une part de soupçon ? « Grand ordonnateur de l’agenda présidentiel » : admettons mais emploierait-on une expression aussi grossièrement emphatique concernant le directeur de cabinet du Président de la République française ? « Homme d’influence auprès des services » : voilà une phrase qui ne veut rien dire, sinon qu’elle créé un effet de mystère dont le sens est éclairé par le qualificatif de « maître vaudou » associé la « franc-maçonnerie », dressant les contours d’un pouvoir exercé par des moyens occultes, renouvelant des clichés issus de l’imagerie coloniale.


Après le folklore pseudo-africain, vient le mépris. Car comment un journaliste du Monde pourrait croire que la réussite dans les affaires d’un Africain puisse être autre chose qu’usurpation et vol ?

Imaginez : Toutefois un honorable journal comme "Le Monde" ne pouvant se permettre de donner crédit aux calomnies et aux préjugés visant un conseiller du président du Gabon, citoyen Gabonais natif du Bénin, il suffit de citer, sans ciller, cette épouvantable expression de « légion étrangère » pour désigner des serviteurs loyaux de l’Etat gabonais et de vrais patriotes africains, dont use et abuse, de manière délétère et malsaine, un ancien ministre qui a fait l’essentiel de sa carrière aux côtés d’Omar Bongo, aujourd’hui âgé de 72 ans mais qui refuse de laisser émerger une génération nouvelle et se rêve encore comme l’avenir du pays. Pis encore, Le Monde écrit, à propos du décès, en mai dernier, d’André MbaObame, qui était le principal dirigeant de l’opposition, et qui fut, lui aussi, rappelons-le, ministre d’Omar Bongo : « selon la vox populi, Amo aurait été empoisonné par des féticheurs béninois. » J’imagine que pour tout pays en dehors de nos contrées exotiques et arriérées d’Afrique, un journaliste digne de ce nom s’efforcerait de dire ce qui se cache derrière cette « vox populi », de la caractériser, d’examiner la réalité des tensions ethniques, et qui a intérêt à les exploiter… Mais la « vox populi » renvoie à une masse informe, obscure, qui corrobore la représentation d’un Gabon sauvage.


Il est regrettable qu’un journal comme Le Monde traite des affaires d’une partie du monde en dressant un tableau aussi superficiel des réalités et des enjeux, empreint d’un langage codé implicitement raciste. Il est regrettable qu’un journal comme Le Monde se complaise dans les fantasmes de la « Françafrique » – expression qui, faut-il le rappeler, fut forgée par Felix Houphouët-Boigny pour désigner tout le contraire de ce qu’on y a mis ensuite, et pour exalter un idéal de la coopération dans le respect mutuel.


Regrettable pour Le Monde


Au passage, Le Monde préfère occulter le poids excessif de quelques grandes entreprises françaises face auxquelles le Gabon d’Ali Bongo s’efforce de rééquilibrer la balance des relations en inscrivant l’indépendance de son pays un monde global, en s’appuyant sur de nouveaux partenariats, avec les Etats-Unis, avec la Chine, avec l’Espagne, mais aussi avec le Maroc et avec l’Inde, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud, en s’efforçant de sortir de l’économie de la dépendance excessive vis-à-vis du cours des matières premières et du pétrole, et en plaçant au cœur de sa stratégie économique la lutte contre les disparités sociales et l’avenir de la jeunesse, dans un pays où quatre habitants sur dix ont moins de 14 ans. Bref, il est regrettable pour Le Monde, il est dommageable pour la France, que sous l’apparente sollicitude se cache la reproduction des clichés sur les sociétés noires ; sous l’apparente considération, la persistance de la condescendance coloniale ; sous la proclamation morale, l’affirmation de la supériorité européenne ; sous l’invocation du droit, le prétexte de l’ingérence et sous la prétention d’informer, le désir sourd de dominer. Non, l’Afrique n’est pas, elle ne sera plus jamais, chers amis du Monde, ce « bloc de sable et de cendre » que voyait Hugo, livré à la perpétuation d’esprit de domination coloniale. C’est mon avis si je mens.


Paul Baba Ngoma


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Si le Peule donne le POUVOIR , il a encore le POUVOIR de retirer le POUVOIR.

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