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De mon ouvrage « Il était une fois un caméléon nommé Kérékou »

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De mon ouvrage « Il était une fois un caméléon nommé Kérékou »

Message par Admin le Mer 11 Sep 2013 - 8:37

De mon ouvrage « Il était une fois un caméléon nommé Kérékou »


Rien ou presque n’a été écrit à ce jour sur Mathieu Kérékou. Le président-caméléon a dirigé le Bénin en s’abritant derrière un rideau de fer et se mettre à l’abri des regards et oreilles indiscrets, devenant ainsi l’incarnation d’un mystère qui intrigue et fascine ses contemporains.  J’ai tenté dans cet ouvrage  à paraître bientôt, de briser la glace, en mettant en lumière certaines des nombreuses couleurs du caméléon, afin de cerner la part de l’ombre de celui qui, même retiré des « affaires », continuera de peser sur le cours de l’histoire du Bénin.

Par Maurice CHABI
 
Le Général Mathieu Kérékou a dirigé son pays, le Dahomey devenu le Bénin, pendant près de dix-huit ans, sous l’emblème de ce qu’il est convenu d’appeler la révolution démocratique et populaire, basée sur le marxisme-léninisme. Appellation édulcorée pour désigner un régime de dictature sanglante et impitoyable, qui a fait des dizaines de milliers de victimes, sans atteindre ses objectifs annoncés: l’instauration d’une société socialiste où il fait bon vivre pour chacun et pour tous.
La crise économique des années 1988 et 89 a eu raison des velléités révolutionnaires du Général-président. Le chômage des jeunes, la faillite des banques et des entreprises publiques, l’augmentation croissante de la dette publique et l’échec de tous les programmes d’ajustement structurel préconisés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ont conduit le pays dans l’impasse et contraint les révolutionnaires béninois à envisager l’impossible: l’abandon pur et simple de la révolution marxiste-léniniste et l’ouverture du Bénin au multipartisme intégral.
Sous la pression des bailleurs de fonds et autres partenaires au développement, Mathieu Kérékou a mis officiellement fin à la Révolution au mois de Novembre 1989. Trois mois plus tard, Il convoque une conférence nationale chargée de poser les bases d’un nouveau régime démocratique qui garantit les libertés individuelles et collectives et permet à tous les citoyens de prendre part au processus de développement du Bénin.
Les résultats de cette conférence nationale inédite ont dépassé les frontières du petit Bénin, pour faire tache d’huile dans toute l’Afrique francophone. Cette initiative du génie béninois a été saluée de par le monde. Bien avant le discours de la Baule, le Bénin venait ainsi d’ouvrir la voie de la démocratie et de la liberté à tous les peuples d’Afrique. L’ancien quartier latin de l’Afrique s’est mué en Bénin, nouveau laboratoire de la démocratie sur le continent noir.
Le président-caméléon, hier dictateur, a revêtu le costume de démocrate pour devenir une icône incontestable et incontestée du renouveau démocratique qui souffle sur l’Afrique. C’est le côté cour de l’aventure béninoise de la conférence nationale. Côté jardin, le président béninois est loin de faire l’unanimité. La plupart des dictateurs du continent noir n’ont jamais pardonné à Mathieu Kérékou d’avoir mis le pied dans le plat et donné ainsi le mauvais exemple.
Mais après plus d’un quart de siècle de règne sans partage, que sait-on de cet homme qui aura suscité le plus de controverses sur sa personne? 
Adulé par ses admirateurs,  respecté par ses adversaires et souvent détesté par ses détracteurs, Mathieu Kérékou qui ne laisse personne indifférent a acquis une notoriété qui dépasse les frontières du petit Bénin.
Ses plus proches collaborateurs le décrivent comme un homme énigmatique qui cultive le secret au point d’en faire un mode de vie, une deuxième nature. Il y a des silences qui parlent. Les paroles de Mathieu Kérékou résonnent comme des incantations et rythment avec le silence. Elles disent tout et rien à la fois. Que savent les Béninoises et les Béninois de l’homme qui les a moulés, forgés, modelés et soumis à un régime politique aliénant, un système scolaire abêtissant, pour faire d’eux des révolutionnaires modèles, des citoyens soumis et disciplinés?
Mathieu Kérékou n’est pas un homme d’état comme les autres. Ni ange, ni démon. Juste un caméléon, manipulateur, féru de paradoxes qui font de lui un homme complexe dont on peut difficilement cerner la personnalité pour se forger une juste opinion.
Cet avis est partagé par un grand nombre d’observateurs de la vie politique béninoise au cours de la période révolutionnaire. Parmi eux, un de mes amis, représentant de la Banque Mondiale à Cotonou il y a quelques années.  Au cours d’un dîner que je lui ai offert à la veille de son départ définitif du Bénin, il me fit cette confidence étrange:  
« En trois ans de présence au Bénin, j’ai été reçu en audience plus de vingt fois par le Président Mathieu Kérékou.  A aucun moment au cours de ces longs entretiens,  je n’ai réussi à savoir à quel moment votre président plaisante, ou s’il parle sérieusement d’un sujet politique ». 
Pour être sûr de comprendre son message ou d’approcher le plus près possible de sa pensée, certains interlocuteurs du chef de l’état d’alors se livraient souvent à un véritable travail de décryptage qui les conduisait parfois à comprendre le contraire de ce qu’il a voulu leur dire. Mathieu Kérékou faisait de ce culte du secret une force redoutée par ses interlocuteurs. De toute évidence, il prenait un plaisir non feint à brouiller les pistes, au point de dérouter ses adversaires qui ne savent pas toujours où donner de la tête, ni comment anticiper et prendre une longueur d’avance sur ses réactions.
Vraies ou fausses, ces méthodes intrigantes, ont contribué à forger la légende du président Kérékou à qui la rumeur publique attribue volontiers des pouvoirs occultes. Sorcier-cannibale, gourou d’une secte, adepte du vodoun, membre d’une société secrète, etc., etc. Peu importe les noms et la nature de ces réseaux secrets, pourvoyeurs de pouvoirs surnaturels et qui sont légion en Afrique, sans doute un peu plus au Bénin, terre natale du vodoun.
Toutes choses qui font du président-caméléon une des personnalités politiques les plus troublantes, et sans doute les plus fascinantes du demi-siècle de l’indépendance béninoise.

Il était une fois un caméléon nommé Kérékou 

Cet ouvrage n’est pas une biographie, au sens propre du terme. Il s’agit d’un témoignage; celui d’un journaliste qui, à la faveur de son métier était présent dans les arcanes du pouvoir de l’époque. J’ai eu le privilège de voir, de regarder et d’écouter le président Kérékou, ainsi que tous ceux qui, de près ou de loin, avaient une parcelle de pouvoir qui pouvait influencer le cours de l’histoire de ce pays. Pendant près de trente ans, j’ai observé et scruté dans les moindres détails la citadelle politique béninoise. Côté cour et côté jardin. J’ai pris des notes au jour le jour, chaque fois que c’était possible et que les circonstances offraient peu ou pas de risques.
C’est le parcours rétroactif de mes notes que je livre dans cet ouvrage, par une relecture sélective et pédagogique. Pour informer les uns et les autres sur les petites et les grandes histoires d’hier, et leur permettre peut-être aussi de mieux comprendre les contingences politiques complexes qui ont concouru à l’émergence de la société béninoise d’aujourd’hui. Ce faisant, j’apporte aussi et surtout moult anecdotes et témoignages, sortis de la gibecière de l’historien de l’actualité que je me suis efforcé d’être, afin de raconter ce que j’ai vécu et ce que je sais de Mathieu Kérékou, président-dictateur devenu démocrate, un homme aux multiples facettes qui aura marqué définitivement l’histoire politique du Bénin, et, dans une moindre mesure, celle de l’Afrique.


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Si le Peule donne le POUVOIR , il a encore le POUVOIR de retirer le POUVOIR.

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