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Obama est-il vraiment l'Antéchrist?

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Obama est-il vraiment l'Antéchrist?

Message par Admin le Ven 1 Oct 2010 - 14:49



Obama est-il vraiment l'Antéchrist?





Pourquoi les Américains croient à la propagande.


Barack Hussein Obama a 18 lettres dans son nom. Ce qui fait 6+6+6, ou 666. Pigé?

Une proportion non négligeable d'Américains pense qu'Obama est l'Antéchrist. Un sondage réalisé dans le New Jersey montre que pas moins d'une personne sur cinq croit à cette théorie. Un nombre similaire d'individus est convaincu de la véracité d'autres hypothèses folles, y compris celles voulant qu'Obama soit musulman, étranger, et socialiste.

En général, quand on veut montrer à des gens que leurs croyances sont fausses, on leur fournit des informations exactes. Voici donc, par exemple, l'acte de naissance d'Obama. Des centaines de sites web ont publié cette preuve de la naissance aux États-Unis d'Obama, mais l'incrédulité demeure. Pourquoi donc?

Quand nous avons à faire à des croyances insensées et largement répandues, on s'en prend en général à la propagande. Les Allemands croyaient aux mensonges qu'Hitler leur racontait (c'est ce que nous nous disons). Ceux qui pensent que l'acte de naissance d'Obama n'est pas valide doivent avoir été trompés par des idéologues chevronnés. Une telle théorie reflète une profonde naïveté* quant à la manière dont fonctionne l'esprit, et elle externalise une accusation qui devrait bien mieux se tourner vers l'intérieur.

Ces dernières années, des douzaines d'études psychologiques ont montré que nous façonnons les informations qui nous arrivent autant qu'elles nous façonnent. Nous filtrons et nous trions, choisissant ce qui nous plaît, excluant ce qui ne nous plaît pas. Et la plupart de ces processus se jouent inconsciemment, dans ce que j'appelle le cerveau caché. Nous assistons tous les jours aux effets d'une telle gymnastique mentale: très peu de personnes changent d'avis sur les sujets qui fâchent, quand bien même ils disposeraient de nouvelles informations. Les journalistes et commentateurs politiques sont à l'origine d'un grand nombre de ces fâcheries, mais depuis quand avez-vous entendu parler d'un libéral qui aurait été convaincu par une diatribe de Rush Limbaugh? Ou un conservateur qui aurait changé de bord après avoir vu un film de Michael Moore? La fracture partisane n'a quasiment pas bougé depuis dix ans – une peccadille par rapport à ce qu'on pourrait attendre de toutes les informations hyper partisanes qui circulent dans notre pays.

Le psychologue social, Tom Pyszczynski, chercheur à l'Université du Colorado, a récemment publié, avec ses collègues Carl Henthorn, Matt Motyl et Kristel Gerow une intéressante étude dans le Journal of Experimental Social Psychology [Revue de psychologie sociale expérimentale]. Pyszczynski avait dit à ses volontaires qu'ils participaient à un exercice d'écriture créative et les avait divisé aléatoirement en deux groupes. Le premier groupe devait rédiger une courte histoire portant sur un étudiant du nom de Tyrone Walker, quand l'autre groupe devait plancher sur un dénommé Brad Walker. Ce qui s'avère en réalité être une technique efficace pour activer (ou «amorcer») les préjugés raciaux des individus sans qu'ils s'en rendent compte: Tyrone Walker étant un nom typiquement noir, et Brad Walker un nom typiquement blanc. (Ce qui ne s'est pas démenti dans les rédactions reçues par les chercheurs – les textes sur Tyrone parlaient en majorité d'un étudiant noir, et ceux sur Brad d'un étudiant blanc. Des expériences antérieures avaient montré qu'une telle technique produisait des différences clairement mesurables sur diverses facultés affectées par des opinions raciales.)

Les participants devaient ensuite lire un éditorial au sujet d'Obama dont les arguments étaient tirés de divers sites web:

L'Antéchrist sera un homme d'une quarantaine d'années, il sera d'origine musulmane, les gens se regrouperont autour de lui et il leur promettra des fausses espérances et la paix dans le monde, il n'aura aucun descendant mâle à qui transmettre son nom, il sera un homme inconnu qui prendra le pouvoir. ... Obama... n'a que des filles, il est un homme d'une quarantaine d'années d'origine musulmane, il était inconnu quand il a pris le pouvoir, et promet la paix dans le monde.

Les volontaires qui avaient subi l'«amorçage blanc» eurent moins tendance à croire l'éditorial sur l'Antéchrist que ceux qui avaient eu l' «amorçage noir». Réfléchissez-y une seconde: il a suffit qu'on leur demande de rédiger quelque-chose au sujet d'un Tyrone Walker plutôt que d'un Brad Walker pour que les gens croient à cette histoire d'Antéchrist. Ici, ce sont les choses déjà présentes dans leur esprit – et non pas les informations contenues dans le faux article – qui furent décisives. L'éditorial sur l'Antéchrist était le même pour tout le monde, mais l'hospitalité avec laquelle de telles idées furent accueillies dans l'esprit des gens était liée à cet amorçage que l'exercice d'écriture y avait activé.

Je verrai dans un article suivant pourquoi l'amorçage racial ne devrait faire aucune différence dans la détermination des individus à croire une théorie qui n'a ostensiblement rien à vois avec la race, mais ici, ce sont les prédispositions mentales des gens, et non pas les arguments précis sur l'Antéchrist, qui ont fait que certains ont trouvé une telle position convaincante, et d'autres pas.

L'idée selon laquelle c'est notre terrain mental qui déciderait de la survie de telle information dans nos têtes, et de la disparition d'une autre, trouve une analogie dans une éminente théorie biologique: la théorie de Darwin sur la sélection naturelle. Quand nous voyons des lions et des ours polaires, nous sommes émerveillés par la façon dont ces animaux se sont adaptés à la vie dans la savane ou sur les calottes glaciaires. Mais aucun aréopage de lions ne s'est réuni pour décider que la savane africaine allait devenir leur foyer. Aucune assemblée d'ours n'a élu un dirigeant ayant décidé que les ours polaires devaient déménager en Arctique. Ces animaux ne se sont pas adaptés à leur environnement, même si nous parlons parfois en ces termes. Leur environnement les a adaptés à lui.

L'information, ici, est notre lion ou notre ours polaire. Ce qui pénètre notre esprit dépend des conditions que cet esprit lui offre. Si notre esprit offre la savane, les lions prospèrent, et les ours polaires meurent. Si nous y trouvons des frissons arctiques, ce sont les ours polaires qui vivent, et les lions qui disparaissent.

Voilà pourquoi le fait de publier l'acte de naissance d'Obama n'a que très peu de poids sur des personnes prédisposées à croire que le Président n'est pas né aux États-Unis: c'est un peu comme poser un lion sur la banquise et espérer qu'il cause l'extinction des ours polaires. (Les fans inconditionnés d'Obama trouvent ainsi tout plein de moyens emberlificotés pour rejeter les critiques à son égard. Ce n'est pas une question démocrate ou républicaine; c'est juste ainsi que l'esprit fonctionne.)

Certes, la métaphore de la sélection naturelle n'est pas parfaite. Les animaux ne modifient pas leur environnement de manière significative, mais nos esprits façonnent l'information et sont façonnés par elle. De plus, des informations exactes ne sont pas totalement impuissantes quand il s'agit de faire changer les gens d'avis; avec le temps, il devient de plus en plus difficile de nier la réalité. Au final, l'intelligentsia partisane avec son organisation et ses stratégies façonne probablement à long-terme le terrain de nos débats nationaux.

Mais l'analogie avec la sélection naturelle est un puissant remède contre l'étonnement qui nous prend lorsque nous voyons ces nombres incroyables de personnes avalant tant de calomnies, de désinformations, et même de préjugés purs et durs. Certes, des propagandistes usent aussi d'un fort matraquage et poursuivent leurs propres intérêts, mais si nos esprits n'accueillaient pas à bras ouverts de telles abjections, ces mensonges mourraient aussi vite qu'un lion abandonné sur la banquise.

Shankar Vedantam

Traduit par Peggy Sastre



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