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Cinéma béninois

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Cinéma béninois

Message par Admin le Mar 11 Mai 2010 - 10:34




Cinéma béninois


Les acteurs béninois sont décidés à placer le cinéma au plus haut niveau dans leur pays. Mais leurs réalisations ne répondent pas encore aux normes en la matière.

Dans les feux tricolores de l’Unafrica à Cotonou, le jeune Benoît, vendeur ambulant de vidéo cd déclare à un passant. « Tonton ça, c’est un nouveau film béninois, il vient de sortir. Il faut l’acheter et vous m’en rendrez compte ». Mais d’un ton catégorique, le client lui répond. « Si tu as des films ivoiriens ou ghanéens, je les prends mais béninois, je ne veux pas. Je n’ai pas de sous à gaspiller aujourd’hui ». Ces genres de scène prouvent que les films béninois sont délaissés au profit des productions étrangères.

L’essor cinématographique nigérian et autre a favorisé d’une manière ou d’une autre la motivation des Béninois à se lancer dans la production de films. Ceci se confirme plus ou moins par la concurrence productive à laquelle nous assistons aujourd’hui dans notre pays. En effet, on compte une demi-douzaine de films et plus, sortis par semaine. Mais parmi ces réalisations, très peu respectent les normes du domaine. Selon Jean_Paul Amoussou, acteur, réalisateur et producteur béninois, connu sous le pseudo Oncle Bazar, plusieurs raisons expliquent la médiocrité de certaines œuvres cinématographiques béninoises. « Nous sommes confrontés à des problèmes techniques et des problèmes de fond (le scénario, le message à passer, la mise en scène ….). Je me dois de vous avouer aussi que ce n’est pas facile de réaliser un film au Bénin. Les difficultés se ramassent à la pelle lors du repérage, du casting et du tournage proprement dit. Une caméra numérique avec laquelle on peut avoir de très belles images revient à 80.000F environ la journée. Quand on voit le budget réservé pour le film, on préfère opter pour les caméras bon marché de 25 ou 30.000F la journée. Or, ces caméras bon marché ne garantissent pas un bon résultat. En matière de son, il faut l’avouer, nous ne disposons pas encore d’ingénieurs de son cinématographique et cette situation nous oblige à travailler avec des ingénieurs de studio », explique-t-il. Ces matériels techniques loués et payés quotidiennement contraignent donc les acteurs béninois à accélérer le tournage. Ainsi, le travail d’un mois est réduit à deux semaines. Selon Oncle Bazar, c’est cette précipitation qui justifie sans doute la distribution de films tournés en home vidéo et qui ne répondent pas aux normes du septième art.

Les consommateurs en parlent

Christian Ahouangan

J’ai l’habitude de suivre la compagnie Sèmako qui me permet tout simplement de me distraire et de me déstresser après une semaine de travail. Quant à mon appréciation du cinéma béninois, je pense objectivement qu’il reste des choses à parfaire car, on a l’impression de suivre du théâtre.

Eric Sossouhounto

La cinématographie au Bénin est plus commerciale qu’artistique à mon avis. On vous impose l’achat de deux, trois quatre volumes voire plus pour découvrir une intrigue que vous avez déjà élucidée au premier volume. Et finalement, on se rend compte que la suite est dépourvue de suspenses, remplie de verbiages et de beaucoup de scènes futiles. Je ne sais pas si c’est ce que vous appelez du cinéma. En tout cas, ce n’est pas mon avis même si j’achète souvent ces œuvres.

Daniel Tchango

Je ne nie pas le talent des cinéastes béninois, mais les réalisateurs devraient faire preuve de plus d’originalité. C’est vrai que la pauvreté est une réalité, mais ce n’est pas une raison pour reproduire textuellement ce que l’autre a fait. Aussi, J’ai remarqué que dans ce domaine, une même personne veut souvent s’approprier plusieurs fonctions : elle veut être acteur, réalisateur, producteur …. Je ne pense pas que le résultat, dans ces conditions soit meilleur. Pour moi, on ne se lève pas sur un coup de tête pour sortir un film. C’est un travail de longue haleine et de toute une équipe.

Eulalie Bocco

Je pense qu’il y a un libertinage assez prononcé dans ce domaine. Il y a trop de bavardages inutiles. A des moments donnés, l’humour dépasse ses limites et je ne comprends plus rien. Je perds simplement le fil du film. Mais en dépit de toutes ces irrégularités, il nous revient de soutenir l’audace et le courage de ces personnes qui essaient de donner un autre visage culturel à notre pays. J’ajoute qu’ils devraient faire preuve d’humilité et soumettre leurs scénarii à des personnes averties, c’est-à-dire des personnes qui ont des notions en matière de production cinématographique. Vous convenez avec moi que ce n’est pas ce qui manque chez nous.

Marlyse Djinou

Je reconnais l’effort fourni par la jeunesse béninoise et certains réalisateurs en matière de cinéma au Bénin. Mais je dois signaler qu’il leur reste encore des choses à améliorer. Sincèrement, je ne suis pas souvent les films béninois. Je préfère les films nigérians, ivoiriens etc. Je trouve le scénario un peu barbant et identique à chaque fois. Mais une série de questions restent posées : comment s’expliquent ces sorties tous azimuts de productions ? N’existe-t-il pas de cellule de contrôle cinématographique avant la distribution ?

Rompre avec l’amateurisme

Nos investigations nous ont amenés à constater que le manque d’emplois favorise l’engagement de bon nombre de jeunes béninois dans la production de films. Ces jeunes qui s’autoproclament acteurs sont pour la plupart des comédiens, c’est-à-dire des gens qui ont joué ou continuent de jouer sur des scènes de théâtre. Alors qu’être comédien de théâtre n’a rien à voir avec le cinéma qui demande plus de naturel, de sensationnel, de moins de mécanisme ….. Ainsi, sans aucune formation professionnelle préalable dans le domaine du cinéma, ces cinéastes produisent à foison des œuvres dont la qualité est souvent mise en cause. Conséquence, la population se retrouve contrainte de consommer des productions qui ne répondent pas toujours aux normes cinématographiques. Mais loin d’être dupe, cette population se sent obligée d’encourager la production, l’initiative, le dévouement mais ne manque pas d’exprimer sa désolation pour mettre en garde les concernés. Car nos recherches ont révélé que de plus en plus, des consommateurs optent pour des films de la sous région au détriment des productions béninoises.

Certes, le Bénin a besoin des talents de toutes ses filles et de tous ses fils pour valoriser son patrimoine cultuel et culturel mais il revient à chaque acteur de mûrir son inspiration, de faire du choix de son scénario une priorité afin de soumettre plus tard aux cinéphiles du sensationnel et pas du déjà vu. De l’autre côté, il est conseillé de faire appel à des professionnels, des personnes averties pour s’armer des matériels professionnels pour réaliser de bons tournages.

Entretien avec le directeur de la cinématographie du Bénin Akambi Akalla

« C’est quand même une étape que nous franchissons, celle du consommateur au producteur »

Quel regard portez-vous sur le cinéma béninois aujourd’hui ?


De plus en plus, de jeunes béninois s’intéressent à la chose cinématographique. Ceux qui s’adonnaient au théâtre hier se convertissent du jour au lendemain en réalisateur et producteur. Le consommateur n’a pas encore entendu quelque part une autorité qui régule le secteur. Il ne sent pas non plus sur le marché de l’audiovisuel un genre d’organisation ou les choses sont structurées, programmées, modulées effectivement ; ça donne l’impression d’une anarchie.

Existe-t-il une cellule de régulation et /ou de validation des œuvres cinématographiques au Bénin ?

Non, mais cela ne saurait durer

Dans ce cas, qu’est- ce que votre service a prévu ou plutôt prévoit pour régulariser la situation ?

Même visage, même style, même approche de traitement. Même si la thématique varie, c’est des constats que nous avons faits aussi et qui nous ont amenés dernièrement à entreprendre un travail de salubrité qui consiste à faire un usage du bâton puisque nous en disposons ici à la direction de la cinématographie. Mais nous préférons faire usage de la carotte pour le moment. Le phénomène est presque débordant. Plusieurs facteurs l’expliquent et à vouloir jouer les policiers, on risque de se trouver dans une situation plus qu’ingérable. Alors à la direction de la cinématographie, nous avons voulu qu’elle suive son cours, qu’elle se développe quitte à ce que progressivement, nous arrivons à reprendre les choses en main.

Pourriez- vous nous expliquer votre stratégie ?

Nous avons commencé par les distributeurs qui nous paraissent moins engagés que les producteurs qui se sont réunis le vendredi 19 février pour amorcer l’étude des documents devant régir leur organisation, (Association des Producteurs d’Audiovisuels et du Cinéma) pour commencer un assainissement dans le secteur. Les producteurs s’associent parce qu’ils sont une nouvelle race de professionnels ; même s’ils ne le sont pas officiellement, en s’y invitant ils le deviennent de plus en plus. Et parfois, on se dit mieux vaut faire avec que de lutter contre. En voulant lutter contre, nous avons estimé que les gens, par ordre de métier, devraient être regroupés et informés sur les contraintes liées à ce qu’ils font. Ce qui est formidable, c’est qu’ils se rendent compte qu’effectivement, vu de loin, le marché devient de plus en plus restreint, de plus en plus envahi par des productions moins bonnes. Et ceux qui se croient meilleurs se trouvent illégalement, déloyalement concurrencés par les autres. Alors, ils se disent si on ne fait pas en sorte qu’il y ait de l’ordre dans la chose, demain le secteur va s’effondrer et ce sera peine perdue. Notre objectif, en les organisant en association, est de faire en sorte qu’ils comprennent que leur activité a des règles, des normes et a même un langage. Et lorsque ces paramètres ne sont pas pris en compte, même avec toute la bonne volonté, ils se retrouveront au bas de l’échelle.

En tant que directeur de la cinématographie, dites-nous si toutes les réalisations béninoises répondent aux normes de cet art ?

Cette question aborde la problématique de la qualité technique et artistique des œuvres. Aujourd’hui, le théâtre, du fait du coût élevé des intrants, je veux dire la location de salles, le transport pour aller de localité en localité, la communication et la publicité, n’est plus ce qu’il était hier. Mais par rapport à ces changements, aucune disposition n’a été prise. Il est alors paru plus aisé de faire du théâtre sur une scène ou sur une planche que de faire du cinéma avec une caméra. Lorsque vous avez des données économiques et sociales de ce genre, vous comprenez pourquoi de plus en plus, de gens s’y investissent. Mais parce qu’on y va sans se prémunir, sans un minimum de formation, de maîtrise de ce que j’ai appelé tantôt le langage cinématographique, vous comprenez bien que la plupart de ces œuvres cinématographiques sont tout sauf du cinéma. Pour la plupart, on est plus emporté par une envie de raconter une histoire que de se soucier de comment on la raconte. Paradoxalement, en dépit de ces insuffisances techniques, les gens les consomment en espérant que cela s’améliore.

Ils sont nombreux ces jeunes qui veulent percer le mystère de l’art du cinéma, mais qui n’ont pas les moyens. Peuvent-ils garder espoir ?

Par rapport à cette question, je peux vous dire que je déplore l’absence d’octroi de bourses d’étude en audiovisuel et cinématographie dans notre pays. D’autres pays le font pour permettre à la jeune génération de se retrouver au même niveau d’exigences des techniques de l’audiovisuel et du cinéma dans le monde. Mais nous sommes à pied d’œuvre pour qu’à compter de l’année prochaine, les choses connaissent une autre tournure. Nous essayons cependant, à défaut de ces bourses, d’organiser des ateliers pour donner des notions de base aux jeunes, nous l’avons fait en 1998, en 1999, puis en 2006. A travers ces ateliers de formation, les participants bénéficient de notions leur permettant de faire de la création audiovisuelle, l’écriture de scénario, la prise de l’image, le cadrage, la prise de son.

Avez-vous un dernier message à lancer ?

La direction de la cinématographie et le ministère de la culture sont conscients du fonctionnement tous azimuts des productions. Mais nous devons garder à l’esprit que c’est quand même une étape que nous franchissons, celle du consommateur au producteur. C’est un phénomène que nous pouvons contenir en mettant à leur disposition des approches qui soient conformes à leur niveau intellectuel car, je vous confirme qu’autant qu’ils sont, ils sont conscients de leurs limites. Je crois que chaque béninois devrait être fier que certains d’entre nous aient pu tirer leçon de ce que font les pays voisins. Je crois que d’une part, on peut regretter que trop de gens même les moins avertis, les moins nantis des connaissances minimales de base tombent dans ce secteur au risque de le tirer par le bas, mais au même moment on se doit de féliciter cette jeunesse qui tente de donner un nouveau visage à la culture béninoise à travers le cinéma malgré la crise économique.


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