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PRESIDENT HUBERT MAGA (suite et fin)

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PRESIDENT HUBERT MAGA (suite et fin)

Message par Admin le Mar 30 Juin 2009 - 14:04

Une personnalité devenue incontournable

L’échec de la manœuvre d’Apithy et la relative facilité avec laquelle le dirigeant du MDD retrouve son siège au Palais-Bourbon paraissent laisser le champ libre à Hubert Maga qui, grâce aux voix de l’UDD, est élu à la présidence de l’Assemblée territoriale lors du renouvellement du Bureau le 17 avril 1956. Émile Derlin Zinsou, qui dans un premier temps convoite la présidence de l’Assemblée, cède d’autant plus facilement que l’UDD s’enfonce dans une crise interne sur la question de l’affiliation au RDA et qu’il tient à « ne pas donner lieu à des interprétations malveillantes de son geste vis-à-vis de l’UDD »

Mais les élections locales du 31 mars 1957 et la très large victoire du PRD, qui obtient seul la majorité des sièges, vident de sa substance l’alliance entre le MDD et l’UDD, d’autant que les résultats de ce dernier sont catastrophiques. Le bilan du MDD apparaît lui aussi comme très mitigé dans la mesure où le renforcement de sa présence au sein de la nouvelle assemblée résulte en grande partie des succès remportés par deux listes dissidentes du MDD : celle de Jeunesse et Progrès, qui obtient les deux sièges de la circonscription de Parakou, et celle des Indépendants des partis politiques qui remportent les quatre sièges de la circonscription de Djougou. La stratégie d’alliance avec l’UDD est un échec, ne permettant pas au MDD de jouer un rôle d’arbitre sur la scène politique dahoméenne et contraint Hubert Maga à entreprendre l’union d’une scène politique nordiste en voie d’éclatement.

La prise de conscience de certains (jeunes) élus du Nord d’avoir la capacité de peser sur la scène politique dahoméenne leur apparaît comme la preuve de leur intégration dans celle-ci. Et l’idée, selon laquelle le Nord ne pouvait s’épanouir politiquement qu’en opposition au Sud et qu’il devait donc maintenir à tout pris son unité pour ce faire, se révèle caduque . La quasi-absence d’un ciment idéologique au sein du GEN, puis du MDD, entraîne en toute logique une forte contestation dans leurs rangs et au sein de mouvements nordistes concurrents. Mais il est vraisemblable que malgré leurs succès, les deux listes dissidentes ne peuvent pas prétendre à une influence identique à celle de Hubert Maga qui reste une personnalité majeure. Des pourparlers ont lieu entre les différentes parties et le 13 avril, Maga obtient leurs ralliements au MDD contre l’engagement de réformes de principes. C’est donc tout en toute logique que Hubert Maga, chef naturel du Nord, obtient un siège de vice-président lors de l’élection du Bureau de la nouvelle assemblée le 14 mai. Cependant, fort de son succès, le PRD affirme sa domination en imposant ses élus à toutes les autres fonctions de direction, au premier rang desquelles la présidence qui revient à Sourou Migan Apithy. Davantage contrarié par l’opposition de l’UDD que par celle du MDD, celui-ci tient à ce que Justin Ahomadegbé ne soit pas reconduit dans ses fonctions au Grand conseil de l’AOF. Le MDD se voit alors proposer un remaniement du Bureau à son profit en échange de la défaite du leader de l’UDD. Le 15 mai, les consignes de votes sont scrupuleusement respectées et Justin Ahomadegbe perd son siège. Ces élections sont aussi l’occasion de sceller la réconciliation du MDD et de Jeunesse et Progrès par l’élection de Boni Salifou Pedro et de Mama Arouna sur une liste commune au symbolique nom d’« Entente Nord-Dahomey » .

Toutefois, l’hégémonie du PRD fait peur et les élus du Nord sont conscients que de leur unité dépend leur capacité à peser sur la politique dahoméenne. Un congrès est donc organisé, à Parakou au milieu du mois d’août 1957, afin de fonder un nouveau mouvement qui prend le nom de Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) et, qui réunit le MDD, Défense des intérêts économique et Jeunesse et Progrès. Soucieux de ménager l’avenir et le seul mouvement en l’état de s’opposer au PRD dans le Sud, Justin Ahomadegbe est invité à ce congrès et il y prend la parole. En effet, l’élection du PRD Francis Covi à la présidence de l’Assemblée territoriale, en remplacement de Sourou Migan Apithy qui a démissionné afin de diriger le Conseil de gouvernement, consterne les élus nordistes estimant que, dans le cadre de l’alliance MDD/PRD, la fonction devait revenir au premier vice-président Hubert Maga.

Cet échec est vite relégué au second plan quand, le 18 novembre 1957, Hubert Maga devient Sous-secrétaire d’État auprès du Ministre du Travail et de la Sécurité sociale Paul Bacon dans le Cabinet de Félix Gaillard, scellant ainsi la participation des IOM à une majorité fragile. Soucieux de tirer les bénéfices politiques de sa nomination ministérielle, Hubert Maga entreprend une tournée au Dahomey au début du mois de décembre 1957. Mais prémices de nouvelles difficultés au sein de son mouvement, une partie des membres du RDD de Parakou, menée par Mama Arouna, refuse de l’accueillir lors de sa venue dans la ville. Toutefois, seul Dahoméen à avoir eu une responsabilité ministérielle au sein d’un gouvernement français, Hubert Maga s’impose comme le pendant naturel de Sourou Migan Apithy. Car, malgré une carrière élective moins importante que ce dernier et une influence plus réduite dans le cénacle politique franco-africain, Hubert Maga est parvenu à imposer son autorité sur trois niveaux : au niveau local, il apparaît comme le seul capable de constituer l’unité du Nord ; au niveau territorial, il comprend que le seul moyen d’accéder au pouvoir exécutif, dans le cadre d’un Dahomey autonome voire indépendant – est de devenir l’arbitre de la vie politique dahoméenne et enfin, au niveau national, Hubert Maga a imposé l’idée qu’il était l’un des dirigeants potentiels du Dahomey, à l’instar de Sourou Migan Apithy. Et contrairement à ce dernier, qui a été desservi par ses changements successifs de groupes parlementaires au Palais-Bourbon, il accède à un poste ministériel aux responsabilités symboliques, mais dont il tire un prestige qui s’avère décisif dans ces quelques années précédant l’Indépendance. Ainsi, l’absence de formation majoritaire, à la suite des élections à la première Assemblée nationale dahoméenne (2 et 23 avril 1959), entraîne la démission de Sourou Migan Apithy, de sa fonction de président du Conseil de gouvernement, et son remplacement par Hubert Maga. Celui-ci bénéficie du soutien déterminant de l’UDD-RDA, qui se retrouve contraint de favoriser le RDD par opposition au PRD, et tire une nouvelle fois les bénéfices de sa stratégie d’arbitre de la scène politique dahoméenne. D’autant qu’en vue des élections présidentielles, le PRD et le Parti progressiste dahoméen (PPD, fondé en mars 1958 par Émile Derlin Zinsou) fusionnent afin de donner naissance au Parti des nationalistes du Dahomey (PND). L’UDD-RDA s’allie donc avec le RDD afin de faire élire, le 26 juillet 1960, Hubert Maga à la présidence de la République du Dahomey dont l’Indépendance est proclamée le 1er août.


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