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BENIN : Homme d’affaires français, Lionel ZINSOU aura du mal à être autre chose qu’un minable machin aux mains d’un président que l’ivresse du pouvoir a rendu presque autiste.

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BENIN : Homme d’affaires français, Lionel ZINSOU aura du mal à être autre chose qu’un minable machin aux mains d’un président que l’ivresse du pouvoir a rendu presque autiste.

Message par Admin le Ven 5 Fév 2016 - 11:48

BENIN : Homme d’affaires français, Lionel ZINSOU aura du mal à être autre chose qu’un minable machin aux mains d’un président que l’ivresse du pouvoir a rendu presque autiste.


La nature juridique du poste de Premier ministre, son contenu faux-glorieux et son contenant politique alambiqué suscitent mille interrogations. Non pas seulement à cause de la nébuleuse insaisissable et « farceuse » qu’est la primature dans les lois et coutumes béninoises mais surtout, à cause de celui qui sera, sans doute le dernier sous Yayi, à occuper un fauteuil qui n’a de prestige que les illusions que dégagent toute sa vacuité.

Primature virtuelle et vaseuse

Que le poste soit réinventé par un chef d’Etat en fin de règne, confus et balbutiant, qui traverse avec une goutte de whisky de trop, sans cesse des trous d’air, est excusable. Qu’il soit par contre accepté par celui qui, de la diaspora béninoise, s’illustre comme une « lumière » d’exception, bouscule les certitudes en politique et amplifie les doutes. Mais c’est fait, Lionel Zinsou est le Premier ministre du Bénin. Dans ce pays à l’inventivité tristement ingénieuse, c’est un poste de plus si ce n’est de trop. Il est, dans l’ordre protocolaire, le premier des ministres même si l’ordre alphabétique l’aurait placé parmi les derniers, « Z » de Zinsou oblige. Et va s’asseoir entre Yayi Boni et les ministres d’Etat (trois, trop pour un si petit pays)… Rien de plus ! Ah revoilà l’autre. Plutôt entre Yayi et Abiola, l’ancien ministre d’Etat humilié jusqu’à la lie, devenu le goujat adjoint d’un poste que la constitution ignore, ouvertement et sans état d’âme. Etre un machin qui n’existe pas constitutionnellement est déjà une ambigüité d’esprit qui n’existe qu’au Bénin. En être le « vice », c’est refuser d’exister doublement. C’est la béninoiserie de pacotille, ça s’appelle.

Un Bénin à bout de souffle

Ça se voit sans loupe que le Bénin traverse de fortes zones de turbulences, d’abord politiquement, avec un « intrus » qui, faisait semblant de « connaître la maison » au début, et a fini par la casser ou presque. Restriction des libertés ; manipulation de l’opinion ; délinquance financière avec pour point d’orgue la mise en poche pure et simple de la cagnotte hollandaise destinée à offrir de l’eau potable à des populations assoiffées et auxquelles on offre à boire dans un verre cassé, des « nyinwè, nyindiè » dernières trouvailles sloganesques d’un Machiavel des tropiques ; le rabattement de l’esprit avec l’émergence d’une jeunesse paresseuse et voyou qui s’en sort par la vieille méthode soviétique de propagande et d’arrogance qui feraient retourner Lénine dans sa tombe; non, des « fous du Roi » qui, à force de persister sans raison, ont attrapé la folie et lâché le monarque. Ensuite, économiquement. Confiant le ministère à un jeune copain, l’économie déjà cafouilleuse du Bénin est entre récession et agonie, avec une croissance qui a décru et des perspectives qui, à en croire les estimations du FMI (Fonds Monétaire International), n’ont pas été aussi sombres depuis longtemps. Enfin, institutionnellement avec une mainmise de la mouvance présidentielle sur les institutions de la République. Heureusement que le parlement a échappé à la règle, avec la conscience républicaine qui a animé une opposition qui a sitôt retrouvé sa vieille maturité mais sans doute aussi, avec la complicité positive d’au moins une taupe dans le rang présidentiel. C’est donc de l’euphémisme que de dire que le Bénin est « parterre », ailleurs, on l’aurait dit « dans le trou ».

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Zinsou dans le marigot

Et voilà, surgissant de l’inattendu, Lionel Zinsou, émérite marchand, socialiste et libéral à la fois, ébène d’or d’une diaspora si vivante sort la tête d’un marigot où tout le monde est entendu sauf lui. Comment a-t-il pu accepter une si brûlante casserole ? Les complotistes le disent envoyé par la France, raisonnement trop court quand on connait l’exécutif français actuel. Non seulement ce n’est pas la stratégie socialiste quoi que dénaturée mais surtout parce que devenu ce qu’il est, Yayi Boni a été progressivement lâché par Hollande qui l’a pris au sérieux au départ. Avec ses gaffes multiples et l’ignominie de l’affaire Talon, il s’est dévoilé et ses échanges avec Hollande se limitent à des contacts de courtoisies. Qu’il soit en mission pour Paris n’est pas envisageable, sérieusement, même s’il ne faut écarter aucune piste. C’est un financier de haut rang qui a accepté le paradigme de la médiocrité et a réussi, triste sort, à mettre l’excellence au service de l’approximation, dans un pays où, en politique, la logique a déserté le forum. Au mieux, il finira haï par une population embastillée par le grégarisme de la haine, à cause des débordements démentiels de son président, au pire, il sera roulé dans la farine du meunier de Tchaourou (village d’origine de Yayi Boni) et se retrouverait en disgrâce dans un système qui a toujours fini par avaler ses enfant les plus brillants pour étaler, grande, la natte de nullité.

Cheval fourbu, bataille perdue

Pour Yayi Boni, c’est son dernier cheval de bataille. En fin de règne tumultueux et craignant le pire pour lui-même, l’homme que des bras droits ont abandonné trop facilement veut se racheter. C’est sans compter avec son hérétique instabilité et sa pathologique obsession à être au-devant de tout. S’il pense à 2016 pour se tailler une immunité avec l’appui de l’Elysée, il a tout vu faux. En se servant d’un homme qui aurait pu être, loin du cinéma auquel le livre Yayi Boni, un recours salvateur. En auteur et metteur en scène de son infernal scénario, Yayi Boni s’embourbe et pire, emporte avec lui, un « Lionel » que rien n’aurait empêché, si ce n’est cette courte compromission, de postuler à la présidentielle prochaine et pourquoi pas, de la gagner. Il a cru l’avoir. Mais à force de bourrer son dernier cheval de foins jaunis par les poisons du système, Yayi aurait pu faire de Zinsou son cheval de bataille, mais si la finalité n’est pas plus saine que nos élucubrations, le cheval est déjà fourbu et la bataille, sans doute perdue. Diantre, mon Bénin.

MAX-SAVI Carmel, Paris, France


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Si le Peule donne le POUVOIR , il a encore le POUVOIR de retirer le POUVOIR.

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