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Education nationale au Bénin de 1960 à aujourd’hui : l’école du Quartier Latin dans un profond coma

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Education nationale au Bénin de 1960 à aujourd’hui : l’école du Quartier Latin dans un profond coma

Message par Admin le Mer 31 Juil 2013 - 9:55

Education nationale au Bénin de 1960 à aujourd’hui : l’école du Quartier Latin dans un profond coma



Pénuries d’infrastructures, d’enseignants qualifiés, de matériels pédagogiques, baisse du niveau des apprenants, mauvaise mise en œuvre de programmes d’enseignement… Le système éducatif semble, depuis quelques années, s’effondrer.

L’école du Bénin semble dans le creux de vallée. Et le système éducatif national par terre. Ces dernières années, précisément ces dix dernières, les résultats scolaires, notamment aux différents examens nationaux, s’ils ne sont pas «politiques», sont des plus faibles. Les résultats aux différents examens organisés cette année scolaire, sont bien illustratifs. Le taux de 86% à l’examen du Certificat d’Etudes primaires (Cep), très décrié et contesté de certains acteurs et pas des moindres, avait été qualifié de «résultats politiques». Pendant que les résultats des deux autres examens nationaux, en l’occurrence le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (Bepc) et le Baccalauréat, sont «catastrophiques», moins de 50% de taux de réussite. Les parents d’élèves se plaignent et pointent du doigt, entre autres, les nouveaux programmes d’enseignement. «Depuis leur affaire de nouveaux programmes-là, plus rien ne va», a lâché, tout amer, Marcellin K., père de trois candidats malheureux au Bac 2013.

«Tuyer», «Etats-Unies», «Les enfants sont de plus en plus nuls»

Au Bénin, depuis un certain nombre d’années, le niveau des apprenants a drastiquement chuté. Et on est bien loin de l’époque où le Bénin était le Quartier Latin de l’Afrique. «J’ai donné et corrigé avec mes élèves, des exercices la veille d’un devoir. Les mêmes exercices reviennent au devoir, mais ils sont incapables d’avoir de bonnes notes», raconte, avec beaucoup d’amertume, un enseignant ayant requis l’anonymat. «Les enfants ne savent même pas que, lorsque deux verbes se suivent, que le second est à l’infinitif», fait-il remarquer. «J’ai déjà vu dans des classes de terminales littéraires, le mot tuer écrit avec ‘’y’’, «tuyer»», renchérit Léonce, un confrère qui, précédemment avait enseigné dans un collège à Cotonou. «Etats-Unies», l’aire du rectangle égale longueur plus largeur, multiplié par deux, sont, entre autres, les erreurs commises par des candidats au Baccalauréat. Cette chute libre du niveau des élèves béninois a, vraisemblablement, de nombreuses sources, dont la pénurie d’enseignants, notamment qualifiés.

L’enseignant béninois et son «balay»

Dans l’école béninoise actuelle, les enseignants sont une denrée rare, notamment les enseignants qualifiés. Dans de nombreuses contrées de l’intérieur du pays, il n’est pas rare de voir un enseignant du primaire s’occuper de deux, voire trois classes, à lui tout seul. En plus du nombre insuffisant, la qualité n’y est également pas. «Mon jeune frère, encore à l’école primaire, a corrigé son maître qui avait écrit le mot balai avec un ‘’y’’ à la place du ‘’i’’», a raconté Alex, un étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi. Au niveau du secondaire, avec le reversement de 2008 et les vacataires, la pénurie semble résolue, quant à la qualification de ces derniers, c’est un véritable problème. Notamment en ce qui concerne l’enseignement de certaines matières spécifiques, telles que le Français, la philosophie, les mathématiques, les sciences physiques, chimiques et techniques.

Selon des statistiques du ministère de l’Enseignement Secondaire, sur les 1518 professeurs de Français en situation de classe, seulement 335 ont eux-mêmes reçu une formation de base. Pour l’enseignement des mathématiques, la situation est plus critique. 1639 enseignants en situation de classe, ils ne sont que 251 à être habilités à donner des enseignements en mathématiques.

L’enseignant, notamment de qualité, fait défaut au système éducatif béninois, mais il n’est pas la seule chose qui manque. Les infrastructures, du primaire au supérieur, sont en nombre insuffisant et les matériels pédagogiques sont déficitaires.

Avec ces pénuries, et un climat social très peu apaisé, où les grèves sont souvent perlées, le système éducatif, autrefois apprécié, semble dans un coma. Que certains acteurs de l’école qualifient même de profond.


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