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La renaissance africaine

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La renaissance africaine

Message par Admin le Lun 24 Aoû 2009 - 13:30

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La renaissance africaine, c’est autre chose que construire un monument



Face à un contexte national difficile, la décision du président Wade d’organiser le 3éme FESMAN fait débat dans notre pays. Mais davantage que les controverses sur cet événement, l’édification du monument de la Renaissance Africaine sur le site des Mamelles fait polémique. Cet axe de la corniche ouest comporte d’indéniables atouts qui suscitent de nombreuses convoitises. Quels sont alors les enjeux qui y sont en œuvre ? Pourquoi le choix de ce site ? Quels sont les impacts de l’implantation du monument de la Renaissance africaine sur la population ? D’ailleurs que sait telle de cette notion de renaissance? Assaillie par des difficultés de toutes sortes, est-elle en mesure actuellement d’en saisir la portée et les enjeux pour l’Afrique? Par ailleurs, ce projet continental multidimensionnel et pluridisciplinaire, serait-il réduit dans notre pays, à la seule construction d’un monument ?

Le site des collines des Mamelles est la composante essentielle du paysage dakarois, qu’il domine en offrant un panorama digne de carte postale. En plus d’une faune et d’une flore spécifiques (euphorbiacées et najas nigricolis), les blockhaus de la seconde guerre occidentale, rappellent aussi la position stratégique du site. Lieu par excellence pour l’étude de la géologie et du volcanisme, cet endroit a fourni à nos musées des documents archéologiques édifiants sur la préhistoire de la presqu’île du Cap-vert. Il est considéré comme un sanctuaire pour les premiers habitants de la région, les lébous. En réalité, si ces collines inspirent la fascination et suscitent la crainte et le respect des dakarois, c’est parce qu’elles sont l’une des composantes essentielles de l’imaginaire collectif des sénégalais. Les représentations et le milieu participent de la substance de chaque négro-africain. En effet, le lien mental et charnel que ce dernier entretient avec les choses et les êtres, fait que toute action décisive non ritualisée, dirigée contre ce milieu, est inconsciemment perçue comme une menace contre eux mais également contre sa propre personne. Les travaux du monument de la renaissance ont probablement attisé ce sentiment et ont ainsi conduit les dakarois à développer des mécanismes de défense, dont l’hostilité envers cet édifice est la principale expression. Cette réaction démontre que même sous l’influence de religions d’emprunt, l’univers mental négro-africain, prouve encore sa vitalité.

Ainsi, afin de préserver cet équilibre, le négro-africain authentique avant toute action décisive sur l’animal, le végétal ou sur l’environnement, organise un rituel. Celui-ci vise à demander pardon à l’objet ou à l’être sur lequel on intervient, mais aussi à solliciter la bénédiction des ancêtres. Si l’observation de cette coutume ancestrale apporte la sérénité, par contre y renoncer peut-être source d’anxiété collective. Les initiateurs de ce projet ont-ils ignoré ou sous-estimé cette dimension culturelle fondamentale? Ont-ils en amont, impliqué les représentants locaux du culte traditionnel ? Qui s’est soucié par ailleurs, de l’impact psychologique au niveau de la population ? Quels sont les effets à long terme sur la population d’une perturbation brutale de leur champ visuel habituel ? Ces vulgaires formes caucasoïdes négrifiées qui ne lui parlent point, loin d’être des substituts du paysage original, exposent au contraire les dakarois à choc visuel permanent. L’opération chirurgicale pratiquée sur la colline des mamelles est une véritable mammectomie suivie d’un implant mammaire grossier. Elle marquera durablement les esprits dans la mesure où elle rend désormais erronée l’expression : « les mamelles ». Qu’elle idée et quelle perte de temps que d’opérer l’organe « sain » des mamelles, quand le cancer du népotisme et de la gabegie gangrènent notre pays ?

Dés lors, comment ne pas comprendre, l’hostilité du peuple, quand le gouvernement indifférent à ses souffrances, engage des sommes exorbitantes pour un monument ? D’aucuns n’y voient d’ailleurs que le moyen commode pour les groupes d’intérêts tapis dans l’ombre, de laver de l’argent sale ou de s’enrichir illicitement.

Comment ne pas saisir le rejet par le peuple, d’un monument au style stalinien révolu, ne reflétant en rien l’esthétique négro-africaine ? Le raccourci de la population à son égard est vite fait : « Affaire de francs maçons ! ». Cet anathème consacre le rejet définitif de l’édifice et par ricochet, le concept de la renaissance africaine qui passe ainsi à la trappe. Dés lors, il est impératif d’éclairer le peuple sénégalais sur la notion de renaissance africaine.

L’expression « renaissance » correspondrait généralement à la période d’éveil culturel et scientifique survenu en Europe entre le Moyen-Âge et les temps modernes (1515-1589). Cette notion de « renaissance » créée de façon arbitraire par Jules Michelet en 1840, est équivoque. En effet, renvoyant à l’idée de naître à nouveau, la renaissance interroge non seulement sur la nature de ce qui est né, mais incite également à s’intéresser à sa localisation. L’essor culturel et scientifique issu de la renaissance européenne a tenté de trouver sa légitimité à partir des humanités classiques gréco-latines, mais Cheikh anta Diop nous apprend que les peuples méditerranéens, barbares et réfractaires à la civilisation et à la science « se sont abreuvés des connaissances, scientifiques, religieuses, morales, sociales...» de la civilisation négro-africaine de l’Egypte. Dés lors, à l’exclusion de tout autre continent, se sont bien la civilisation et les sciences qui sont nées en Afrique. Donc, s’il est question qu’elles re-naissent, ce processus devrait se dérouler dans leur lieu d’éclosion, c\'est-à-dire l’Afrique. Ainsi, concernant l’acquisition de ces connaissances fondamentales par les autres peuples, l’expression « arrivée ou appropriation » devrait leur être consacrée.

S’agissant de la notion de renaissance, selon le professeur Théophile Obenga, en égyptien ancien « Ouhem Mesout » veut dire : « re-naître ». La XII éme dynastie égyptienne correspond à une renaissance sociale, administrative et culturelle. Séti 1er, s’est fait appelé Ouhem Mesout : celui qui renouvelle les naissances. On le voit donc, l’histoire africaine est jalonnée de renaissances : (Toussaint Louverture 1770, le Wasu 1925), mais plus qu’aucune autre figure, c’est l’émérite savant africain Cheikh anta Diop qui le premier, dés 1948 posa la question de la renaissance en Afrique et en explicita la notion.

C’est en questionnant la réalité africaine, que Cheikh anta Diop distingue d’un côté, une partie de la tradition africaine qui vivote à l’abri de toute influence moderne ; et de l’autre, une tradition africaine altérée par une contamination européenne. A savoir si on peut leur appliquer le statut de renaissance : il répond d’emblée par la négative pour la première. Pour la seconde par contre, Cheikh anta Diop propose une étude avant de savoir s’il faut ou pas lui « appliquer l’étiquette de renaissance » en précisant toutefois « qu’il n’y est question que d’une forme d’imitation littéraire qui verse souvent dans le lyrisme ». Examinant les motivations et les écrits des écrivains africains de langue étrangère, le savant s’interroge sur leurs contenus comme base légale d’une culture africaine. Pour lui, le développement des langues africaines étant le préalable d’une véritable renaissance africaine « l’Afrique devait cesser d’être engrennée par ces croyances sordides infusées méthodiquement par l’occident ». Dans l’approche de la renaissance africaine, Diop s’appuie sur des préalables, des méthodes, des perspectives et des plans d’actions. Qu’en est-il de celle de d’Abdoulaye Wade ? Qui connaît sa stratégie, son agenda? Quelles sont ses modalités d’opérations?

Une approche de Wade superficielle et réductrice hier, et pécuniaire aujourd’hui contre une autre de Diop, plus déterminée, plus sophistiquée, plus désintéressée, opposent ces deux hommes qui étant de la même génération se sont certainement rencontrés durant leur étude en France. Diop a-t-il connu l’œuvre de Wade ? En tout cas, ce dernier ne peut que connaître l’œuvre monumental de Cheikh anta Diop qui a un retentissement mondial. Pourtant, il ne le site presque jamais. Pourquoi ? Il y a comme une sorte de concurrence cachée, teintée de jalousie. Les idées de Cheikh anta Diop suscitent un intérêt grandissant auprès des jeunes du continent et de la diaspora. Quel est l’écho de l’œuvre de Wade auprès des noirs du continent et ceux de la diaspora ? En définitive, que cherche t-il à vouloir s’emparer précipitamment d’un concept qui ne lui appartient point ? Dans la volonté d’édifier ce monument et sous la prétention de défendre une cause africaine, se dissimule peut-être l’ambition de marquer l’histoire, de survivre à la postérité. Si la probité intellectuelle serait qu’on rende à Cheikh ce qui est à Cheikh, il devient dés lors indécent de réclamer une quelconque propriété intellectuelle. D’ailleurs, cette vision individualiste et matérialiste de la propriété intellectuelle, antinomique avec l’idéal africain de partage, nous interpelle sérieusement sur la véritable personnalité du président.

L’œuvre de la renaissance africaine n’est une propriété monnayable, ni une initiative individuelle isolée, elle une entreprise collective désintéressée. N’y a-t-il pas eu en Afrique des moments où, des dirigeants intellectuels, traditionnels et religieux se sont rassemblés et s’inspirant de ce qu’avaient réalisé les anciens, ont procédé à des renouvellements salvateurs ? L’œuvre de la renaissance procède de cet esprit. Elle est un engagement fort qui s’inscrit comme dit Obenga dans l’adhésion aux principes intangibles purement africains que sont : la Mâat : vérité et justice ; Hotep : vertu sociale qui traduit la paix pour Dieu, les vivants et les morts; Sedjem : la vertu de l’écoute basée sur les cœurs. Ces valeurs ancestrales constituent la force conceptuelle idéologique de la renaissance africaine que tout africain doit absolument connaître. Car comme le dit le maître « il n’y aura pas d’institutions politiques, économiques financières culturelles, sans idéologie ». Ce projet exige, de chaque fils et fille de l’Afrique de re-naître à travers un examen profond de soi. L’appropriation de chaque africain de son passé est primordial car : « la nature humaine opère toujours par un retour aux sources. » C’est la conscience de ce glorieux passé africain qui est le socle mental dont chaque africain a besoin afin de renaître. Cette renaissance est la première étape d’un futur Etat Fédéral d’Afrique Noire.

Cette perspective est le cauchemar des occidentaux. C’est pourquoi Sarkozy a cherché à travers son discours, de semer le doute en parlant de « mythe d’âge d’or africain qui n’aurait jamais existé ». Monsieur Sarkozy, l’histoire glorieuse de notre continent n’est pas un mythe, ni une construction imaginée « weedi guiss bokku ci » dit ton ami. Les réalisations millénaires de nos ancêtres, (pyramides d’Égypte, Tombouctou, Zimbabwe, Ilé-Ifé …) sont encore là. L’art, la religion, les sciences, les techniques, créations des Nègres, ersatz pour un occident jadis frustre, font actuellement le bonheur d’un occident certes contemporain, mais combien prédateur, matérialiste et égoïste, donc éloigné des valeurs humaines élémentaires. C’est que Sarkozy et ses thuriféraires, incompétents en histoire, sont tout simplement dans un partie pris idéologique : le paradigme hégélien, raciste et révisionniste. Ils expriment tout simplement leur impuissance face à l’engouement des noirs (Améri ques, Caraïbes, Afrique, Pacifique, Europe) de se retrouver dans la véritable histoire de l’Afrique, celle écrite par des africains et non celle falsifiée des africanistes racistes.

A SUIVRE


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Si le Peule donne le POUVOIR , il a encore le POUVOIR de retirer le POUVOIR.

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